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HISTORIQUE

Nous devons à l'association " Les amis du Villemur historique " la remarquable maquette de Villemur-sur-Tarn que l'on peut visiter à la Tour de défense. Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter :

     - Gaston SENGES, Lieu-dit " La Pasquette " -31340- Villemur-sur-Tarn (05.61.09.05.31)

     - André FALBA, 2 rue du Vieil Hôpital -31340- Villemur-sur-Tarn (05.61.09.04.14)

     - et Yvon GODEFROY, 19 rue Saint-Michel -31340- Villemur-sur-Tarn (05.61.09.36.84)

Nous reproduisons ci-après, avec leur aimable autorisation, le commentaire audio de présentation de cette maquette.

     L'Eglise

     Le Château

     La Porte des Stradelis

     La Porte Notre Dame

     La Tour de Défense

     Les Greniers du Roy

     Les Remparts côté Tarn

     La Porte Saint Jean

     Les Remparts côté BIFRANC

     La Porte Saint Jacques

     Les Remparts, de la Porte Saint Jacques au Château


Maquette de Villemur à l'époque

La cité de Villemur-sur-Tarn a été fondée il y a plus de mille ans sur un site favorable à la défense. Elle est si remarquablement aménagée que cette place forte partage, avec le Mont-Saint-Michel, l'honneur de n'avoir jamais été prise, notamment par les Anglais qui, à l'époque de la guerre de Cent ans, occupaient tout l'ouest et le sud ouest de notre pays.
Tout d'abord, ses défenses naturelles étaient constituées par le large fossé de la rivière et par deux ravins profonds qui s'ouvraient sur la rive droite. Ces fossés au profil en V étaient quasi infranchissables pour un agresseur éventuel : le fossé Notre Dame, toujours visible aujourd'hui et qu'enjambe une voûte de briques, puis le ravin de Bifranc, comblé après l'inondation de 1930.

En 1568, le Conseil Général de la ville décida dans l'intérêt de la défense de celle-ci, la démolition des faubourgs.

La cité n'était réellement vulnérable qu'au nord est par le coteau. Pour en interdire l'accès de ce côté, fut édifié un puissant château fort. En 1319, Pierre de la Voie augmenta les fortifications, ce qui le rendit imprenable.
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Il fallait aussi, au sud ouest, faire face à une agression possible par la rivière en un point guéable qui, aux basses eaux, permettait de la franchir. Pour cela, on éleva au XIIème siècle et on renforça au siècle suivant une tour imposante et toujours présente au bord du Tarn : la Tour de défense. Elle a, au cours des siècles, assuré la protection de la ville. Elle a aussi, lors des grandes crues dévastatrices, brisé les assauts de la rivière en furie et limité ainsi l'étendue des dégâts dans la ville.

Enfin, pour compléter le système défensif, un anneau de rempart d'une longueur d'environ
1 000 mètres et de 10 à 12 mètres de haut surmontés d'un chemin de ronde, reliait les deux pièces maîtresses aux ouvrages monumentaux que sont la Tour de défense et le château.

Quatre portes fortifiées : Notre Dame, Saint Jean, Saint Jacques et Stradélis donnaient accès à la cité. Tous ces éléments de défense étaient construits en briques à l'image des grandes cités voisines : Toulouse, Albi et Montauban, car notre région n'a pas de pierre dure, et ce matériau trop lointain était très onéreux en raison des difficultés de transport.
Dans le corset de ses remparts, Villemur-sur-Tarn manquait d'espace et présentait un lacis de rues étroites et tortueuses. Pendant des siècles, la ville ne disposa d'aucune place publique. L'actuelle place Charles Ourgaut formait un quartier sordide : le Moulon, aux ruelles étroites et sales ; c'est là que se trouvaient les prisons… Il faudra attendre 1907 pour voir sa disparition.

Il n'y eut longtemps qu'un seul espace public situé devant les mairies successives, qui toutes, se trouvaient à l'emplacement de l'hôtel de ville actuel. C'était une surface bien réduite due à un léger élargissement de la grand'rue. Les maisons, souvent imbriquées les unes dans les autres, étaient à étages, afin de loger le plus possible d'habitants. Les murs, construits en briques cuites à la base, sont souvent en briques crues aux étages, et même en " mortier d'agasse " (torchis). On trouvait aussi des façades avec de charmants colombages dans de rares maisons du Moyen Age qui nous sont restées (l'une rue des remparts Notre Dame, l'autre rue Saint Michel - au Pech -). La maison Sicardou, à l'ombre du clocher, a disparu dans un passé récent.
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L'EGLISE


Maquette de l'Eglise de Villemur L'église primitive avait un clocher-mur, comme de nombreuses églises de la région. Sur le même emplacement seront successivement édifiées trois autres églises, dont l'une, construite au XIIIème siècle, était un superbe monument de style roman, entièrement en briques. Il sera hélas détruit au temps des guerres de religion.

Avant 1834, aucun pont ne reliait les deux rives. Deux bacs, l'un au port haut, l'autre à Saint Jean, assuraient le passage des piétons et des attelages.

A la fin du XVIème siècle, le vicomté de Villemur-sur-Tarn appartenait à Henri de Navarre, le futur roi de France, qui vint par deux fois en 1585 dans ses murs. Le roi Henri, toujours à court d'argent, vendit le vicomté à François de Bonne, un de ses fidèles et valeureux compagnons, qui sera plus tard le duc de Lesdiguières. Celui-ci édifia une somptueuse demeure que l'incurie administrative et municipale au XIXème siècle a laissé tomber en ruines, puis disparaître. Il reste heureusement une partie des communs, les Greniers du Roy, ainsi appelés après que Lesdiguières eut revendu le vicomté au roi Louis XIII. C'est un édifice remarquable, avec la perspective étonnante de ses voûtes et les gracieux colombages de ses galeries.

En 1202, un traité mentionne les quatre catégories d'habitants du castrum :

     - les " domini ", qui sont les seigneurs,
     - les " milites ", qui sont les chevaliers ou gentilshommes,
     - les " probi homines ", qui sont les prud'hommes ou bourgeois,
     - le " barriani ", qui est le peuple.

Villemur-sur-Tarn a été considéré comme une " république ", et prenait exemple sur les capitouls de Toulouse.
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LE CHATEAU

L'emplacement du château est actuellement en partie propriété privée, et son ensemble surplombait de sa masse imposante la ville et la vallée du Tarn, avec ses deux tours et ses murailles.

Le grand donjon, dominant l'ensemble du castrum, est une tour carrée de 11 mètres de côté et de 45 mètres de hauteur. Il était surmonté d'une toiture pyramidale. Cette tour avait une cave voûtée, non accessible à l'heure actuelle, mais certainement toujours existante. Attenant à ce donjon, un petit corps de logis d'une hauteur de 14 mètres et de 8 mètres de côté. Maquette du Château de Villemur

Cette tour carrée était reliée à une tour ronde, haute de 31 mètres, dite de Saint Nicolas, par un mur de 10 mètres de long, avec sa porte d'entrée, et un fossé de même longueur séparant la basse cour de la cour d'honneur ( ou haute cour).

Côté ruisseau de Bifranc, une Redoute reliée par des murailles à une tour ronde, dite Tour Papou, est encore visible actuellement. Cette tour était reliée par une muraille à l'entrée du château, à l'ouest (ou couchant).

Il y avait des retranchements partant des faces de ladite Redoute, côté du pendant (levant) vers la garenne, et d'autres vers le midi, tirant au Cavalier Terrassé, qui est actuellement le square Pierre de la Voie, et qui domine les toits de la ville (dont on voit encore le mur de soutien récemment restauré). Ledit Cavalier Terrassé avait 114 mètres de périmètre protégé par un fossé de 7 mètres de profondeur et de 6,5 mètres de largeur, en limite de forêt.
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Ces fortifications étaient doublées par une palissade côté garenne, empêchant les intrusions directes depuis le coteau.

Côté cité, l'angle de la terrasse était protégé par une tour triangulaire, dite Tour du Moineau, de 18 mètres de côté et de 9,5 mètres de hauteur, prolongée par une muraille de 64 mètres de longueur, avec son chemin de ronde, qui la reliait à la Tour Saint Nicolas, continuant jusqu'à la porte d'entrée du château, dont on retrouve encore un pan de mur (à côté des réservoirs d'eau de la ville) et qui rendait celui-ci imprenable, comme l'a écrit Dom J. Vaissete dans " L'histoire du Languedoc ".


Le puits du château, de 9,1 mètres de profondeur et de 2,95 mètres de diamètre, était dans la basse cour ; celle-ci servant également d'abri pour le bétail et de stockage pour le grain.
Il y avait aussi un four à pain, car à une certaine période, une garnison était stationnée au château, ainsi qu'une nombreuse domesticité.

La muraille attenante à la Tour du Moineau avait à proximité une petite tour ronde à la toiture pointue, servant de gué vers le fossé Notre Dame et le coteau.

Ladite muraille descend jusqu'à la Porte des Stradelis et de poursuit jusqu'à la Porte Notre Dame sur une longueur de 168 mètres
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LA PORTE DES STRADELIS

Maquette de la porte des Stradelis de Villemur Tour de forme carrée avec un toit pyramidal, surmontant une arcade avec son pont-levis, et permettant l'entrée dans le centre urbain, la porte des Stradelis est une des quatre entrées de la ville.

De son emplacement, il existe des gonds visibles à l'angle de la place du 4 septembre et de la rue des Stradelis.

C'est uniquement par cette porte que les récoltes et les denrées des étrangers à la communauté pouvaient entrer dans la cité. Ces produits étaient frappés d'une taxe ( " stradel " signifie " péage ").
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LA PORTE NOTRE DAME

La Porte Notre Dame et la Porte Saint Jean ont servi de passage au futur roi Henri IV en 1585.

La porte était percée dans la tour de forme carrée qui avait une toiture pyramidale. C'était l'entrée la plus fréquentée de la ville ; elle comportait un pont-levis et était reliée à la Tour de défense par une terrasse et un chemin de ronde.
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LA TOUR DE DEFENSE

Cet ouvrage constituait une pièce maîtresse du système défensif de la cité dont son architecture nous prouve qu'elle existait déjà au XIIème siècle.

C'était la sentinelle qui interdisait l'accès du gué, seul point par où un assaillant éventuel pouvait franchir la rivière. Sur ses flancs, l'anneau de remparts venait se refermer.

La forteresse est de style wisigothique dans son architecture, avec pour base un rectangle court, prolongé sur une de ses longueurs par un demi cercle. Elle mesure 16,7 mètres sur sa plus grande longueur et 7 mètres de largeur. Son pignon s'élève à 30 mètres au-dessus de l'eau.

Au rez-de-chaussée, au bord de la rivière, on entrait par une porte défendue par une échauguette.

La porte d'entrée du premier étage, à peu près intacte, était également surmontée d'une échauguette. Il y avait aussi deux meurtrières, toujours existantes.

La charpente du plafond du premier étage, en forme de nef, suscite l'enchantement du visiteur.
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Maquette de la Tour de Défense de Villemur

Au deuxième étage se trouve la salle des gardes, avec ses dix-sept petites fenêtres qui servaient à la surveillance.

La tour est un ouvrage militaire ; en 1570 elle était armée de quatre fauconneaux, et à ce titre, a été intimement associée à l'histoire de la cité.

Si cette tour a été épargnée en 1631 lors de la démolition des ouvrages de défense de la ville, c'est en raison de son rôle économique déjà considérable. C'est elle qui est à l'origine de la vocation industrielle de Villemur-sur-Tarn.

Attenant à cette tour se trouvait le moulin, installé en 1340, avec sa terrasse.

Malgré les morsures du temps et la fureur des éléments, la tour et le moulin ne subirent pas de dégâts et protégèrent même la ville des nombreuses crues du Tarn, dont la plus terrible fut celle de 1930.
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LES GRENIERS DU ROY

Le duc de Lesdiguières avait acheté la vicomté à Henri IV en 1596 et la revendit au roi Louis XIII le 13 novembre 1621.

Entre temps, le duc y fit édifier une somptueuse demeure.

Cet immeuble, entièrement construit en briques, se présente comme une équerre aux branches d'inégales longueurs. Le portail d'entrée s'ouvre sur la façade du petit côté, rue de l'Hospice.

Maquette des Greniers du Roy de Villemur Le bâtiment que nous admirons aujourd'hui n'en constitue qu'une partie. Il a gardé le nom de sa destination première. L'autre partie aujourd'hui disparue, à droite de la cour intérieure, appelée à l'époque " La Maison ", était l'hôtel seigneurial où séjournait le vicomte.

Elle fut une demeure vaste, confortable et somptueuse, dans le style des magnifiques résidences construites à cette époque par la haute noblesse.

Au rez-de-chaussée des Greniers, des voûtes puissantes soutiennent les étages et renforcent les murs afin de supporter le poids des grains stockés dans les salles supérieures. Sur la façade intérieure, sur chacun des côtés et à chaque étage court une galerie formée de briques disposées avec art entre des croisillons de bois et d'un effet remarquable.

On imagine la beauté de ces constructions présentant une unité architecturale admirable, et où couraient sur les trois côtés les superbes galeries dominant le jardin.

A l'heure actuelle, les façades extérieures et intérieures présentent de belles fenêtres à meneaux.

Sur la partie aujourd'hui disparue (actuelle école Sainte Famille) il existe des caves voûtées, dont l'une avait été aménagée pour servir de réfectoire à l'école.
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LES REMPARTS COTE TARN

Maquette des Remparts côté Tarn de Villemur

Les fortifications qui sont en regard de la rivière Tarn s'étendent de la Porte Notre Dame à la Porte Saint Jean sur une longueur de 302 mètres.

Sur ces remparts se trouvent trois échauguettes et une petite guérite dite " massacana ".
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LA PORTE SAINT JEAN

La Porte Saint Jean comportait une tour carrée à toiture pyramidale et une petite tour ronde couverte reliées par un rempart surplombant l'entrée de la ville d'un chemin de ronde, avec son crénelage et ses mâchicoulis. Elle possédait également un petit corps de garde.

Un pont-levis permettait de franchir le ravin de Bifranc.
Maquette de la Porte de Saint Jean de Villemur
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LES REMPARTS COTE BIFRANC

La muraille allant de la Porte Saint Jean à la Porte Saint Jacques épousait les sinuosités du ravin de Bifranc, et était en partie en briques et en torchis.

Entre ces deux portes, il y avait une tour ronde couverte.

Maquette des remparts cote Bifranc de Villemur

Plus tard, surplombant les murs, des maisons très particulières appelées " escoussières " furent construites. Il s'agissait d'appartement édifiés au dessus du mur de ronde, et qui laissaient le passage en dessous aux véhicules et aux passants. Il en restait encore deux avant 1930, de part et d'autre de l'entrée de la rue de Vacquié.
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LA PORTE SAINT JACQUES

Maquette de la porte Saint Jacques de Villemur Il s'agissait d'une porte fortifiée de dimension réduite.

Cette entrée était munie d'un pont-levis, permettant de franchir le ravin de Bifranc ; elle était défendue par deux petites tours.

Seules celles-ci étaient couvertes, le dessus de la porte ne présentant qu'un chemin de ronde avec des mâchicoulis crénelés.
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LES REMPARTS, DE LA PORTE SAINT JACQUES AU CHATEAU

Une muraille, avec chemin de ronde, allait de la porte Saint Jacques à l'entrée du château et surplombait le ravin de Bifranc.
Près de la porte Saint Jacques, une tour ronde couverte protégeait l'angle du ravin de Bifranc. Une échauguette près de la Tour Papou et de l'entrée du château servait de gué. Cette tour fut ainsi nommée " Tour du Pape " lors de son édification, en l'honneur de l'oncle maternel de notre premier baron, le pape Jean XXII.
Maquette des Remparts de la porte Saint Jacques au Château de Villemur