Nous devons à l'association
" Les amis du Villemur historique " la remarquable
maquette de Villemur-sur-Tarn que l'on peut visiter à
la Tour de défense. Pour de plus amples informations,
vous pouvez contacter :
La cité de Villemur-sur-Tarn
a été fondée il y a plus de mille
ans sur un site favorable à la défense.
Elle est si remarquablement aménagée que
cette place forte partage, avec le Mont-Saint-Michel,
l'honneur de n'avoir jamais été prise, notamment
par les Anglais qui, à l'époque de la guerre
de Cent ans, occupaient tout l'ouest et le sud ouest de
notre pays.
Tout d'abord, ses défenses naturelles étaient
constituées par le large fossé de la rivière
et par deux ravins profonds qui s'ouvraient sur la rive
droite. Ces fossés au profil en V étaient
quasi infranchissables pour un agresseur éventuel
: le fossé Notre Dame, toujours visible aujourd'hui
et qu'enjambe une voûte de briques, puis le ravin
de Bifranc, comblé après l'inondation de
1930.
En 1568, le Conseil Général de la ville
décida dans l'intérêt de la défense
de celle-ci, la démolition des faubourgs.
La cité n'était réellement vulnérable
qu'au nord est par le coteau. Pour en interdire l'accès
de ce côté, fut édifié un puissant
château fort. En 1319, Pierre de la Voie augmenta
les fortifications, ce qui le rendit imprenable.
Il fallait aussi, au sud ouest, faire face à une
agression possible par la rivière en un point guéable
qui, aux basses eaux, permettait de la franchir. Pour
cela, on éleva au XIIème siècle et
on renforça au siècle suivant une tour imposante
et toujours présente au bord du Tarn : la Tour
de défense. Elle a, au cours des siècles,
assuré la protection de la ville. Elle a aussi,
lors des grandes crues dévastatrices, brisé
les assauts de la rivière en furie et limité
ainsi l'étendue des dégâts dans la
ville.
Enfin, pour compléter le système défensif,
un anneau de rempart d'une longueur d'environ
1 000 mètres et de 10 à 12 mètres
de haut surmontés d'un chemin de ronde, reliait
les deux pièces maîtresses aux ouvrages monumentaux
que sont la Tour de défense et le château.
Quatre portes fortifiées : Notre Dame, Saint Jean,
Saint Jacques et Stradélis donnaient accès
à la cité. Tous ces éléments
de défense étaient construits en briques
à l'image des grandes cités voisines : Toulouse,
Albi et Montauban, car notre région n'a pas de
pierre dure, et ce matériau trop lointain était
très onéreux en raison des difficultés
de transport.
Dans le corset de ses remparts, Villemur-sur-Tarn manquait
d'espace et présentait un lacis de rues étroites
et tortueuses. Pendant des siècles, la ville ne
disposa d'aucune place publique. L'actuelle place Charles
Ourgaut formait un quartier sordide : le Moulon, aux ruelles
étroites et sales ; c'est là que se trouvaient
les prisons… Il faudra attendre 1907 pour voir sa
disparition.
Il n'y eut longtemps qu'un seul espace public situé
devant les mairies successives, qui toutes, se trouvaient
à l'emplacement de l'hôtel de ville actuel.
C'était une surface bien réduite due à
un léger élargissement de la grand'rue.
Les maisons, souvent imbriquées les unes dans les
autres, étaient à étages, afin de
loger le plus possible d'habitants. Les murs, construits
en briques cuites à la base, sont souvent en briques
crues aux étages, et même en " mortier
d'agasse " (torchis). On trouvait aussi des façades
avec de charmants colombages dans de rares maisons du
Moyen Age qui nous sont restées (l'une rue des
remparts Notre Dame, l'autre rue Saint Michel - au Pech
-). La maison Sicardou, à l'ombre du clocher, a
disparu dans un passé récent.
L'EGLISE
L'église primitive avait un
clocher-mur, comme de nombreuses églises de la
région. Sur le même emplacement seront successivement
édifiées trois autres églises, dont
l'une, construite au XIIIème siècle, était
un superbe monument de style roman, entièrement
en briques. Il sera hélas détruit au temps
des guerres de religion.
Avant 1834, aucun pont ne reliait
les deux rives. Deux bacs, l'un au port haut, l'autre
à Saint Jean, assuraient le passage des piétons
et des attelages.
A la fin du XVIème siècle, le vicomté
de Villemur-sur-Tarn appartenait à Henri de Navarre,
le futur roi de France, qui vint par deux fois en 1585
dans ses murs. Le roi Henri, toujours à court d'argent,
vendit le vicomté à François de Bonne,
un de ses fidèles et valeureux compagnons, qui
sera plus tard le duc de Lesdiguières. Celui-ci
édifia une somptueuse demeure que l'incurie administrative
et municipale au XIXème siècle a laissé
tomber en ruines, puis disparaître. Il reste heureusement
une partie des communs, les Greniers du Roy, ainsi appelés
après que Lesdiguières eut revendu le vicomté
au roi Louis XIII. C'est un édifice remarquable,
avec la perspective étonnante de ses voûtes
et les gracieux colombages de ses galeries.
En 1202, un traité mentionne les quatre catégories
d'habitants du castrum :
-
les " domini ", qui sont les seigneurs,
- les " milites ",
qui sont les chevaliers ou gentilshommes, -
les " probi homines ", qui sont les prud'hommes
ou bourgeois, - le "
barriani ", qui est le peuple.
Villemur-sur-Tarn a été considéré
comme une " république ", et prenait
exemple sur les capitouls de Toulouse.
LE
CHATEAU
L'emplacement du château est
actuellement en partie propriété privée,
et son ensemble surplombait de sa masse imposante la ville
et la vallée du Tarn, avec ses deux tours et ses
murailles.
Le grand donjon, dominant l'ensemble
du castrum, est une tour carrée de 11 mètres
de côté et de 45 mètres de hauteur.
Il était surmonté d'une toiture pyramidale.
Cette tour avait une cave voûtée, non accessible
à l'heure actuelle, mais certainement toujours
existante. Attenant à ce donjon, un petit corps
de logis d'une hauteur de 14 mètres et de 8 mètres
de côté.
Cette tour carrée était
reliée à une tour ronde, haute de 31 mètres,
dite de Saint Nicolas, par un mur de 10 mètres
de long, avec sa porte d'entrée, et un fossé
de même longueur séparant la basse cour de
la cour d'honneur ( ou haute cour).
Côté ruisseau de Bifranc, une Redoute reliée
par des murailles à une tour ronde, dite Tour Papou,
est encore visible actuellement. Cette tour était
reliée par une muraille à l'entrée
du château, à l'ouest (ou couchant).
Il y avait des retranchements partant des faces de ladite
Redoute, côté du pendant (levant) vers la
garenne, et d'autres vers le midi, tirant au Cavalier
Terrassé, qui est actuellement le square Pierre
de la Voie, et qui domine les toits de la ville (dont
on voit encore le mur de soutien récemment restauré).
Ledit Cavalier Terrassé avait 114 mètres
de périmètre protégé par un
fossé de 7 mètres de profondeur et de 6,5
mètres de largeur, en limite de forêt.
Ces fortifications étaient doublées par
une palissade côté garenne, empêchant
les intrusions directes depuis le coteau.
Côté cité, l'angle de la terrasse
était protégé par une tour triangulaire,
dite Tour du Moineau, de 18 mètres de côté
et de 9,5 mètres de hauteur, prolongée par
une muraille de 64 mètres de longueur, avec son
chemin de ronde, qui la reliait à la Tour Saint
Nicolas, continuant jusqu'à la porte d'entrée
du château, dont on retrouve encore un pan de mur
(à côté des réservoirs d'eau
de la ville) et qui rendait celui-ci imprenable, comme
l'a écrit Dom J. Vaissete dans " L'histoire
du Languedoc ".
Le puits du château, de 9,1 mètres de profondeur
et de 2,95 mètres de diamètre, était
dans la basse cour ; celle-ci servant également
d'abri pour le bétail et de stockage pour le grain.
Il y avait aussi un four à pain, car à une
certaine période, une garnison était stationnée
au château, ainsi qu'une nombreuse domesticité.
La muraille attenante à la Tour du Moineau avait
à proximité une petite tour ronde à
la toiture pointue, servant de gué vers le fossé
Notre Dame et le coteau.
Ladite muraille descend jusqu'à la Porte des Stradelis
et de poursuit jusqu'à la Porte Notre Dame sur
une longueur de 168 mètres
LA
PORTE DES STRADELIS
Tour de forme carrée avec un
toit pyramidal, surmontant une arcade avec son pont-levis,
et permettant l'entrée dans le centre urbain, la
porte des Stradelis est une des quatre entrées
de la ville.
De son emplacement, il existe des gonds visibles à
l'angle de la place du 4 septembre et de la rue des Stradelis.
C'est uniquement par cette porte que les récoltes
et les denrées des étrangers à la
communauté pouvaient entrer dans la cité.
Ces produits étaient frappés d'une taxe
( " stradel " signifie " péage ").
LA
PORTE NOTRE DAME
La Porte Notre Dame et la Porte Saint
Jean ont servi de passage au futur roi Henri IV en 1585.
La porte était percée dans la tour de forme
carrée qui avait une toiture pyramidale. C'était
l'entrée la plus fréquentée de la
ville ; elle comportait un pont-levis et était
reliée à la Tour de défense par une
terrasse et un chemin de ronde.
LA
TOUR DE DEFENSE
Cet ouvrage constituait une pièce
maîtresse du système défensif de la
cité dont son architecture nous prouve qu'elle
existait déjà au XIIème siècle.
C'était la sentinelle qui interdisait l'accès
du gué, seul point par où un assaillant
éventuel pouvait franchir la rivière. Sur
ses flancs, l'anneau de remparts venait se refermer.
La forteresse est de style wisigothique dans son architecture,
avec pour base un rectangle court, prolongé sur
une de ses longueurs par un demi cercle. Elle mesure 16,7
mètres sur sa plus grande longueur et 7 mètres
de largeur. Son pignon s'élève à
30 mètres au-dessus de l'eau.
Au rez-de-chaussée, au bord de la rivière,
on entrait par une porte défendue par une échauguette.
La porte d'entrée du premier étage, à
peu près intacte, était également
surmontée d'une échauguette. Il y avait
aussi deux meurtrières, toujours existantes.
La charpente du plafond du premier étage, en forme
de nef, suscite l'enchantement du visiteur.
Au deuxième étage se
trouve la salle des gardes, avec ses dix-sept petites
fenêtres qui servaient à la surveillance.
La tour est un ouvrage militaire ; en 1570 elle était
armée de quatre fauconneaux, et à ce titre,
a été intimement associée à
l'histoire de la cité.
Si cette tour a été épargnée
en 1631 lors de la démolition des ouvrages de défense
de la ville, c'est en raison de son rôle économique
déjà considérable. C'est elle qui
est à l'origine de la vocation industrielle de
Villemur-sur-Tarn.
Attenant à cette tour se trouvait le moulin, installé
en 1340, avec sa terrasse.
Malgré les morsures du temps et la fureur des éléments,
la tour et le moulin ne subirent pas de dégâts
et protégèrent même la ville des nombreuses
crues du Tarn, dont la plus terrible fut celle de 1930.
LES
GRENIERS DU ROY
Le duc de Lesdiguières avait
acheté la vicomté à Henri IV en 1596
et la revendit au roi Louis XIII le 13 novembre 1621.
Entre temps, le duc y fit édifier une somptueuse
demeure.
Cet immeuble, entièrement construit en briques,
se présente comme une équerre aux branches
d'inégales longueurs. Le portail d'entrée
s'ouvre sur la façade du petit côté,
rue de l'Hospice.
Le bâtiment que nous admirons
aujourd'hui n'en constitue qu'une partie. Il a gardé
le nom de sa destination première. L'autre partie
aujourd'hui disparue, à droite de la cour intérieure,
appelée à l'époque " La Maison
", était l'hôtel seigneurial où
séjournait le vicomte.
Elle fut une demeure vaste, confortable et somptueuse,
dans le style des magnifiques résidences construites
à cette époque par la haute noblesse.
Au rez-de-chaussée des Greniers,
des voûtes puissantes soutiennent les étages
et renforcent les murs afin de supporter le poids des
grains stockés dans les salles supérieures.
Sur la façade intérieure, sur chacun des
côtés et à chaque étage court
une galerie formée de briques disposées
avec art entre des croisillons de bois et d'un effet remarquable.
On imagine la beauté de ces constructions présentant
une unité architecturale admirable, et où
couraient sur les trois côtés les superbes
galeries dominant le jardin.
A l'heure actuelle, les façades extérieures
et intérieures présentent de belles fenêtres
à meneaux.
Sur la partie aujourd'hui disparue (actuelle école
Sainte Famille) il existe des caves voûtées,
dont l'une avait été aménagée
pour servir de réfectoire à l'école.
LES
REMPARTS COTE TARN
Les fortifications qui sont en regard
de la rivière Tarn s'étendent de la Porte
Notre Dame à la Porte Saint Jean sur une longueur
de 302 mètres.
Sur ces remparts se trouvent trois échauguettes
et une petite guérite dite " massacana ".
LA
PORTE SAINT JEAN
La Porte Saint Jean comportait une
tour carrée à toiture pyramidale et une
petite tour ronde couverte reliées par un rempart
surplombant l'entrée de la ville d'un chemin de
ronde, avec son crénelage et ses mâchicoulis.
Elle possédait également un petit corps
de garde.
Un pont-levis permettait de franchir le ravin de Bifranc.
LES REMPARTS COTE BIFRANC
La muraille allant de la Porte Saint
Jean à la Porte Saint Jacques épousait les
sinuosités du ravin de Bifranc, et était
en partie en briques et en torchis.
Entre ces deux portes, il y avait une tour ronde couverte.
Plus tard, surplombant les murs, des
maisons très particulières appelées
" escoussières " furent construites.
Il s'agissait d'appartement édifiés au dessus
du mur de ronde, et qui laissaient le passage en dessous
aux véhicules et aux passants. Il en restait encore
deux avant 1930, de part et d'autre de l'entrée
de la rue de Vacquié.
LA
PORTE SAINT JACQUES
Il s'agissait d'une porte fortifiée
de dimension réduite.
Cette entrée était munie d'un pont-levis,
permettant de franchir le ravin de Bifranc ; elle était
défendue par deux petites tours.
Seules celles-ci étaient couvertes, le dessus de
la porte ne présentant qu'un chemin de ronde avec
des mâchicoulis crénelés.
LES
REMPARTS, DE LA PORTE SAINT JACQUES AU CHATEAU
Une muraille, avec chemin de ronde,
allait de la porte Saint Jacques à l'entrée
du château et surplombait le ravin de Bifranc.
Près de la porte Saint Jacques, une tour ronde
couverte protégeait l'angle du ravin de Bifranc.
Une échauguette près de la Tour Papou et
de l'entrée du château servait de gué.
Cette tour fut ainsi nommée " Tour du Pape
" lors de son édification, en l'honneur de
l'oncle maternel de notre premier baron, le pape Jean
XXII.